Quels passages du 21e siècle ?

Dessin passage

APPEL A L'INNOVATION !

Passage négocié : inventer une gouvernance de la petite échelle de la mobilité

Si les interventions sur les passages, pourtant parfois simples, rapides et légères, ne sont pas décidées, c’est souvent parce que leur gouvernance n’est pas évidente. On ne sait pas toujours à qui appartient le passage, qui a le pouvoir de décision, qui peut financer son aménagement ou qui est légitime pour donner son avis. En outre, il est partagé par les habitants, les riverains, les promeneurs… Comment donc envisager  les passages comme espaces démocratiques, collaboratifs ?

Droit de passage : questionner les modes d’appropriation

Les passages sont de plus en plus réservés aux riverains, habitants, payeurs, enfants,  handicapés… Cette appropriation engendre une forme d’appartenance qui risque de mettre en péril le caractère public du passage. Faut-il alors reconquérir ces espaces publics de mobilité ?

Passage événement

Traversée entre deux lieux, deux atmosphères, le passage est une expérience urbaine souvent trop banale à laquelle on pourra insuffler une identité par un éclairage insolite, une animation originale, une intervention artistique, la mise en place, spontanée ou non, d’une ambiance urbaine spécifique. C’est en proposant une expérience sensorielle et artistique, une hybridation de ses dimensions sociales, fonctionnelles et sensibles, que le passage devient voyage.

Passage cohabité

Le passage comme espace de sociabilité doit pouvoir concilier, parfois pacifier différents usages : riverains, sans-abris,  passants, squatteurs, commerçants, tagueurs, artistes… Par leur porosité, les passages permettent à des gens différents de se rencontrer, de rendre le local accessible au passant pendant son trajet.

Passage fabriqué

Ces petits espaces se fabriquent, évoluent au cours du temps. Comment concilier ces différentes réalités, de l’informalité à l’institutionnel, entre immédiateté de l’urgence, bricolage pourtant souvent durable et temps long de la planification ?

Passage temporaire

Une approche temporelle des passages interroge aussi les capacités d’adaptation de ces derniers, leur résilience, leur polyvalence en fonction des heures de la journée, des jours, des saisons, des parcours de plus en plus individualisés.

 Passage intelligent, lisible ?

On peut imaginer toutes sortes d’objets technologiques - existant ou futurs- au service des passagers : guides virtuels, « applis » dédiées à la mobilité, signalétique individualisée, objets connectés, péages intelligents, … Quelles sont les innovations en ce domaine ?  Sont-elles appropriables par tous les citoyens ? Permettent-elles la mobilité des corps fragiles ? Que laissent-elles pressentir des évolutions des formes à venir ?

Passage augmenté

Le passage apparaît souvent comme un outil technique visant à augmenter le confort ou la vitesse. Comment utiliser les nouvelles technologies, des nouveaux matériaux sur la création de nouveaux objets de passage ? Passages robots, passages mobiles, passages invisibles… Au-delà de l’objet technique, comment augmenter le degré de « passagéité », dans ses dimensions sociales, sensibles et numériques ? Comment augmenter les ressources que peut offrir un passage, aussi petit soit-il ? 

Nouvelles typologies de passages

Si les ponts et les passerelles qui traversent  un vide offrent un panorama attractif en soi, les passages aveugles (souterrains ou sans échappées latérales) en revanche, concentrent leurs activités et animations aux points d’entrée et de sortie. Le segment du passage fait alors figure de tunnel, un non-lieu encombré que l’on veut parcourir au plus vite sans tergiverser. Des typologies innovantes permettent de repenser les passages aveugles en ouvrant des perspectives inattendues. Le passage peut parfois investir une infrastructure abandonnée, qui se voit  accorder une deuxième vie grâce à cette réinterprétation.